Comptage des varroas
Article mis en ligne le 13 février 2018
par jmd
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Si varroa est apparu en Mayenne à la fin des années 80, il est un parasite connu de l’abeille asiatique Apis cerana depuis très longtemps. Son passage sur Apis mellifera s’est fait à la fin du 19° siècle, lorsque cette dernière a été introduite en Asie, pour ses qualités de production...

Aujourd’hui, varroa a colonisé la planète entière, à l’exception de quelques îles encore indemnes comme Ouessant, Man, Âland, l’Australie, ...

Désormais, toutes les colonies d’abeilles d’un même rucher sont plus ou moins infestées. Si Apis cerana et varroa se sont rencontrés depuis des siècles, la rencontre avec Apis mellifera est trop récente pour pouvoir tolérer ce parasite.

Pour mémoire, un parasite est un organisme animal ou végétal qui se nourrit strictement aux dépens d’un organisme hôte d’une espèce différente, de façon permanente ou pendant une phase de son cycle vital (déf Petit Larousse).

Varroa est la cause première des mortalités d’abeilles en hiver et joue un rôle prépondérant dans les surmortalité d’abeilles. Cette situation oblige les apiculteurs à lutter contre ce parasite.

Les effets de varroa sur les abeilles sont multiples :

  • effets directs :
    • action mutilante : le parasite se nourrit de l’hémolymphe (liquide circulatoire qui remplace le sang chez les insectes) et laisse des plaies qui, en ne se cicatrisant pas, constituent des portes d’entrée pour les virus ;
    • spoliation d’hémolymphe : en la suçant, cela se traduit par une perte de 27% de la ressource en protéines c’est à dire une baisse d’immunité, un affaiblissement général et un retard à l’émergence des jeunes abeilles ;
    • une perte de poids à l’émergence, de 10%, non récupérable ;
    • des déformations morphologiques : ailes atrophiées et corps raccourci chez 10% des nymphes parasitées.
  • effets indirects :
    • réduction de la taille des glandes hypopharingiennes (production de la gelée royale, notamment) ;
    • altérations des fonctions cérébrales et modifications comportementales, susceptibles de perturber le retour à la ruche des butineuses ;
    • troubles de la reproduction, notamment pour les mâles aux ailes atrophiées.

Les conséquences sur les colonies peuvent être importantes :

  • signes individuels : ailes déformées, varroas phonétiques, ...
  • signes sur le couvain : couvain en mosaïque, cannibalisme, ...
  • signes généraux : viroses, baisses de production de miel, ...

En phase terminale, les colonies sont constituées de petite grappe d’abeilles, les réserves de miel sont correctes voire abondantes et les varroas sont présents sur les cadavres, les abeilles et dans le couvain.

Les conséquences sur les productions (diminution potentielle de 5 kg de miel) apparaissent dès qu’une colonie est infestée par :

  • 2000 à 4000 varroas présents dans la ruche ;
  • pour les varroas phorétiques :
Période Nombre de varroas phorétiques pour 100 abeilles
Printemps 2
Début été 3
Fin d’été 10,5

En conséquence, il apparait indispensable de procéder au comptage des varroas, aux diverses époques citées ci-dessus, et d’adapter les méthodes de lutte les périodes de traitements (réflexion pour une lutte raisonnée).

L’évaluation de l’infestation peut se faire de plusieurs façons :

  • recherche de signes de varroose : ailes déformées, abdomen raccourci, anomalies du développement du couvain : si signes présents = traitement d’urgence ;
  • comptages des varroas :
    • tombés sur le plancher ;
    • sur les abeilles adultes (phonétiques) ;
    • dans le couvain mâle.
Taille du rucher Nombre de colonies à tester
De 1 à 5 colonies Toutes les colonies
De 6 à 20 colonies 5 à 8 colonies
Plus de 20 colonies Au moins 8 colonies

L’évaluation journalière de la chute naturelle des varroas, sur un plateau enduit de graisse alimentaire type saindoux, placé sous le plateau grillagé ou dans la ruche, permet de déclencher ou non un traitement.

Saison Nombre de varroas
Fin de saison > 1/j
Printemps > 6/j
Début d’été > 10/j
Milieu d’été > 16/j

On peut aussi compter les varroas phorétiques, par sondage sur environ 300 ouvrières (volume de l’ordre de 120 ml), prélevées de préférence sur le couvain. Brosser les abeilles, et en évitant la reine.

Les seuils ci-dessous étant établis pour 100 abeilles, il convient de diviser par 3 le nombre de varroas phorétiques comptabilisés après la réalisation du test au sucre glace.

Epoque de l’année Niveau infestation Commentaires
Début printemps ≧ 0,3 % (1 varroa) Mesures préventives ou traitement
En saison, entre 2 miellées 3 à 5% (10 varroas) Mesures préventives ou traitement
≧ 5 % (15 varroas) Traiter
Fin d’été ≧ 1,5 % (5 varroas) Attendre le traitement d’automne
≧ 2 % (6 varroas) Traiter
Fin saison ≧ 0,3 % (1 varroa) traiter

Il existe plusieurs moyens de lutter contre le varroa :

  • méthode chimique :
    • traitement sur de longues périodes (ex : APIVAR, à base d’amitraze) ou traitement "flash" (ex : MAQS (acide formique —> si température < 28°C))
    • hors production de miel ou en production de miel (traitement flash)
  • mesures zootechniques
    • piégeage dans le couvain mâle (cadre de hausse dans le corps)
    • constitution d’essaims artificiels
    • encagement de la reine sur une période de 24 jours

Evaluation du traitement de fin de saison ou comment savoir si les traitements mis en oeuvre assure la survie hivernale de la colonie.

Il suffit de compter les varroas, en fin de saison :

  • chutes sur lange : ≦ 1 varroa/j
  • avec sucre glace : ≦ 1 varroa/100 abeilles

En cas de dépassement, il est nécessaire de prévoir un traitement complémentaire, hors couvain (décembre-janvier) avec, par exemple, acide oxalique par dégouttement type APIBIOXAL.

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